Ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud (1981), Vincent Michelot est professeur d’histoire politique des Etats-Unis à Sciences Po Lyon et actuellement vice-président aux relations internationales de l’ENS de Lyon. Agrégé d’anglais (1984), docteur de l’Université de Provence (1996), il a soutenu son Habilitation à diriger des recherches à Sciences Po Paris en 1994. Son travail de recherche porte sur le fonctionnement des institutions américaines, sur les relations entre les trois pouvoirs de l’Etat et sur les questions électorales et l’histoire des partis politiques. De 2019 à 2023, Vincent Michelot a occupé des fonctions d’attaché de coopération universitaire à l’ambassade de France aux Etats-Unis.
En résumé
Le premier mandat de Donald Trump (2017-2001), bien que plein de bruit et de fureur, avait en fin de compte laissé peu de traces constitutionnelles ou législatives. Arrivé au pouvoir quasiment par surprise et sans équipes préparées à l’exercice du pouvoir exécutif, il avait gouverné essentiellement par le biais de décrets présidentiels que son successeur, Joseph Biden s’était empressé d’annuler à son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2021. A peine 9 mois après son retour au pouvoir en 2025, le 47ème président des Etats-Unis a déjà bouleversé en profondeur les équilibres constitutionnels en annihilant méthodiquement les « freins et contrepouvoirs » qui s’exercent contre l’exécutif, en transformant le Parti républicain en auxiliaire législatif et en poussant jusqu’à la limite extrême une interprétation de la Constitution qui veut que l’exécutif, à l’intérieur comme à l’extérieur, ne peut se voir opposer aucune contrainte. Attaques directes contre les magistrats, prise de contrôle sur le maintien de l’ordre dans les grandes villes, remise en cause du droit du sol ou de la liberté d’expression, abandon des institutions internationales au profit d’un retour de la politique de la canonnière, les Etats-Unis sont-ils en train de glisser vers la démocratie illibérale ?